L’or à des niveaux historiques : pourquoi le métal jaune reste si haut en 2026

Depuis plusieurs mois, le cours de l’or enchaîne les records et s’installe durablement au-dessus de seuils qui paraissaient inatteignables il y a encore peu. En ce début d’année 2026, il a franchi la zone des 5 000 dollars l’once, puis progressé jusqu’à dépasser les 5 300 dollars. Cette envolée ne se limite pas à un simple sursaut : elle s’inscrit dans une tendance de fond, nourrie par des facteurs économiques, géopolitiques et monétaires qui se renforcent mutuellement.

Cours de l'or et de l'argent à la hausse

Une ascension accélérée depuis 2024

L’or avait déjà commencé à grimper à partir de 2024, mais l’année 2025 a marqué un tournant. Les tensions géopolitiques, les inquiétudes sur la croissance mondiale et une politique monétaire hésitante dans plusieurs grandes économies ont renforcé l’appétit pour les actifs refuges. Cette dynamique s’est prolongée en 2026, donnant lieu à une séquence de nouveaux plus-hauts.

Les raisons d’une demande toujours forte

1. Un refuge en période d’incertitude

L’or conserve son rôle traditionnel d’assurance face aux chocs. Lorsque les marchés doutent, lorsque les tensions internationales augmentent ou lorsque les investisseurs recherchent un actif non dépendant d’un émetteur, l’or revient naturellement au centre du jeu. La multiplication des points de friction géopolitiques dans le monde renforce encore cette fonction.

2. Un dollar moins solide

Le métal jaune évolue souvent en miroir du dollar. Quand le billet vert s’affaiblit, l’or devient plus accessible aux acheteurs internationaux, ce qui soutient mécaniquement la demande. Les fluctuations récentes du dollar ont donc contribué à hisser le cours de l’or vers de nouveaux sommets.

3. Les achats massifs des banques centrales

Depuis plusieurs années, les banques centrales des pays émergents, mais aussi de certaines économies développées, rééquilibrent leurs réserves en faveur de l’or. Cette stratégie vise à réduire leur exposition au dollar et à sécuriser leurs réserves de change. Ces achats réguliers créent un socle de demande structurelle qui pèse dans la formation des prix.

4. L’appétit croissant pour les ETF et produits adossés à l’or

Les flux vers les ETF or se sont intensifiés, alimentant une demande financière importante. Cela s’ajoute à la demande physique, notamment dans l’aviation, l’électronique ou la bijouterie, qui reste robuste malgré des niveaux de prix très élevés.

5. Un environnement de taux réels bas

Même lorsque les banques centrales remontent leurs taux, l’inflation réduit le niveau réel de ces taux. Or, quand les taux réels sont faibles ou proches de zéro, les actifs ne générant pas de rendement comme l’or deviennent nettement plus attractifs. Cette configuration persiste en 2026 et contribue largement au maintien de l’or sur des niveaux élevés.

Et l’argent dans tout ça ?

L’évolution spectaculaire de l’or a entraîné dans son sillage un autre métal précieux souvent sous-estimé : l’argent. Depuis plusieurs mois, le cours de l’argent progresse également fortement, dépassant désormais 110 dollars l’once, des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis plus d’une décennie.

Cette hausse est alimentée par plusieurs facteurs :

  • l’argent suit généralement les tendances de l’or, étant parfois utilisé lui aussi comme valeur refuge ;
  • la demande industrielle est en pleine expansion, notamment dans les panneaux solaires, l’électronique et les technologies liées à la transition énergétique ;
  • le marché de l’argent est plus étroit, ce qui amplifie les mouvements lorsque la demande augmente.

Si l’or représente avant tout un actif financier, l’argent bénéficie d’un double statut : métal précieux et métal industriel. Cette dualité lui permet d’être soutenu par les flux financiers en période d’incertitude, tout en profitant de la demande technologique lorsque l’économie mondiale se stabilise.

Ce que cela signifie pour les investisseurs

Pour les investisseurs, cette dynamique rappelle l’utilité de conserver une part de métaux précieux dans un portefeuille diversifié. L’or reste un outil de couverture apprécié dans les périodes d’incertitude, et ceux qui souhaitent approfondir le sujet ou suivre l’évolution du marché peuvent s’appuyer sur des ressources fiables dédiées à investir dans l’or, qui offrent des repères utiles pour comprendre les tendances actuelles.

L’argent, de son côté, peut jouer un rôle complémentaire, notamment grâce à sa forte demande industrielle et à son potentiel de croissance dans les secteurs technologiques.

En conclusion

L’or se maintient à des niveaux exceptionnellement élevés parce qu’il concentre un faisceau de facteurs favorables : incertitudes mondiales, faibles taux réels, affaiblissement du dollar, achats massifs des banques centrales et flux financiers soutenus.
L’argent suit une trajectoire similaire, porté à la fois par son statut de valeur refuge et par une demande industrielle solide.

Ces dynamiques montrent que les métaux précieux conservent une place stratégique dans les portefeuilles modernes, même dans un environnement dominé par les actifs numériques et les marchés globalisés.

Faut-il mettre un peu d’or dans son portefeuille ?

Et pourquoi l’or physique garde un charme unique


L'or un actif refuge

L’or, un classique qui rassure

En période d’inflation, de crise bancaire ou de turbulences boursières, l’or joue souvent son rôle d’actif refuge. Il ne rapporte pas d’intérêt, mais il protège le pouvoir d’achat et amortit les chocs.

Des études confirment ce rôle :

  • SPDR – “The Role of Gold in Today’s Global Multi-Asset Portfolio” montre que l’or, grâce à sa faible corrélation avec les actions et obligations, améliore le ratio rendement/risque d’un portefeuille diversifié.
  • Une étude publiée sur PMC (NIH) indique que l’ajout d’or a réduit la volatilité des portefeuilles pendant la crise du COVID-19.
  • Le World Gold Council recommande généralement une allocation comprise entre 10 et 15 %, parfois jusqu’à 20 % pour les profils plus prudents, comme équilibre entre sécurité et performance.

Trois façons de s’exposer à l’or

1. L’or physique – l’option la plus tangible

Pièces (Napoléon 20 F, Krugerrand, Maple Leaf…), lingotins ou lingots : l’or physique est un actif concret que vous pouvez détenir chez vous ou dans un coffre.

Ses avantages :

  • aucune dépendance à une banque ou à un gestionnaire,
  • fiscalité attractive sur la revente (abattement de 5 %/an à partir de la 3ᵉ année dans plusieurs juridictions),
  • valeur tangible et universelle : contrairement aux actifs purement numériques ou aux promesses de paiement, l’or physique reste un bien réel que vous pouvez toucher, transmettre et échanger. Cette matérialité rassure et renforce la notion de “patrimoine” au sens fort.

Les pièces comme le Napoléon sont particulièrement appréciées : faciles à revendre, très liquides et reconnues dans le monde entier. (Voir par exemple le guide de Acheter-or.com qui est très axé sur les supports physiques d’investissement.)


2. Les ETFs et ETCs adossés à l’or

Ces produits cotés en bourse répliquent le prix de l’or et permettent d’acheter ou de vendre en quelques clics. Parfait pour ajuster rapidement son exposition ou investir de petites sommes sans se soucier du stockage.
Seul bémol : on ne détient pas l’or “en main”, et il faut compter des frais de gestion annuels.


3. Les actions minières et produits dérivés

Pour les investisseurs plus dynamiques, les sociétés minières ou les fonds thématiques offrent un effet de levier : si le prix de l’or grimpe, leurs profits peuvent exploser.
Mais attention : leur volatilité est élevée, et en cas de krach boursier global, ces actions peuvent chuter même si l’or monte.


Pourquoi privilégier un peu d’or physique

Détenir quelques pièces ou lingotins, c’est se donner une indépendance que les ETFs ne peuvent pas offrir :

  • aucun risque de contrepartie,
  • valeur tangible : vous possédez un actif que rien ne peut “dématérialiser” ou effacer,
  • sécurité psychologique : en cas de crise majeure, l’or physique reste un moyen d’échange accepté presque partout.

Combien en avoir ?

La plupart des études recommandent une allocation modérée de 10 à 15 % du portefeuille global.
Une approche simple :

  • constituer une base de pièces d’or d’investissement,
  • compléter avec un ETF or pour ajuster rapidement l’exposition si besoin.

En résumé

L’or n’est pas fait pour “s’enrichir vite”, mais pour protéger ce que vous avez déjà.
Quelques pièces bien choisies, comme des Napoléons ou des lingotins, offrent à la fois stabilité, liquidité et un vrai sentiment de sécurité.
Pour le reste, les ETFs et minières peuvent compléter l’exposition, selon votre profil d’investisseur.


À retenir

  • 10 à 15 % d’or dans un portefeuille est souvent l’allocation optimale.
  • Privilégiez l’or physique pour sa sécurité et sa valeur tangible.
  • Complétez avec un ETF or pour ajuster l’exposition facilement.
  • L’or n’est pas une stratégie d’enrichissement rapide, mais un outil de protection du patrimoine.